lundi 23 mars 2009

Sans voix...

Comme dans le titre... C'est l'impression qui nous est restée après la réunion publique proposée par la municipalité ce 11 mars 2009.

Pas de micro pour entendre les intervenants,
Pas de micro pour débattre non plus,
Pas de distribution de la parole non plus, donc des interlocuteurs qui ne pouvaient pas s'entendre, ni s'exprimer sans élever la voix...

Difficile dans ces conditions de s'exprimer et défendre ses idées clairement, dans une réunion publique que nous attendions pourtant (et avions réclamée dès le mois de novembre !).

Un échec dont il serait bien malhonnête de rendre responsable notre association, qui pour le coup, a eu le sentiment d'avancer sur un terrain miné. Qu'avions nous à gagner d'une mauvaise tenue de cette réunion ? D'un autre côté, chacun a pu mesurer l'exaspération que le projet de la société E3 a soulevé.

Plutôt que rester en retrait, il aurait mieux valu pour la municipalité défendre le dossier elle-même ; au lieu de laisser faire l'Ademe et E3 (qui n'ont en plus assuré qu'un tout petit service minimum !). Ce n'était pas à eux de piloter la réunion !

Dès lors, que faire à notre place ce 11 mars ?
Prendre la parole envers et contre tout, pour tenter de dire ce que l'on a à dire ? Cela a été tenté.
Partir pour ne pas cautionner ce qui se passe. Certain d'entre nous l'ont fait.
Intervenir pour demander à la municipalité de prendre ses responsabilités d'organisateur ? Cela a été fait aussi.

Finalement, y a-t-il eu des informations à tirer de cette réunion publique ? Quelques unes quand même.

1) Que le vrai plan de la ZDE était en réalité celui qui avait été présenté en novembre ! (voir ci-contre : le vrai plan véritable de la véritable vraie ZDE). Et tous les autres : n'ont-ils été que le fruit de notre imagination ?


2) Qu'obligation était faite au promoteur d'une remise en état initiale du site.
Sauf qu'en réalité, il ne s'agit que d'enlever 1 m de béton en surface ; la majeure partie restant dans le sol : c'est cela la remise en é
tat initial du site ?

3) Que les fondations en béton ont une dimension de 15 m X 15 m, sur une profondeur de 2 à 3 m ; soit 300 à 400 m3, l'équivalent d'une maison.
Nous voulons voir la maison en question !



4) Qu'une éolienne fonctionne 80 % du temps, dont 30 % à pleine puissance, avec un taux de disponibilité de 98 %.
Jamais nous n'avons lu de chiffres aussi optimistes, même chez les partisans les plus farouches de l'éolien industriel ! Au contraire, une source très favorable à l'éolien industriel (apere.org), citée par le représentant de la société E3 lui-même, indique le chiffre de 2200 h de fonctionnement par an pour une éolienne de 2 MW.
Un rapide calcul et on obtient... 25 % du temps en fonctionnement, et non pas 80 % !
C
'est d'ailleurs ce chiffre mensonger qui a mis le feu au poudres ce 11 mars...

5) L'éolienne a un bilan environnemental positif à partir de 2 à 7 mois.
Source citée : vestas. Un constructeur d'éolienne. Encore une information objective... Et on aura droit ensuite aux chiffres de Windpower (un constructeur de... vous aurez deviné !) etc.

6) "Leur business, c'est l'éolien". Tout est dit. Et le mot est lâché par le représentant de l'Ademe, en parlant de la société E3. Il continuera lors de sa présentation en confirmant que l'éolien n'est pas destiné à lutter contre le nucléaire...


Tout cela nous indique qu' il aurait mieux valu un débat entre Bolhardais et leur municipalité ; plutôt qu'un débat technique de chiffres entre ingénieurs... Désormais se pose la question des suites à donner.

Une satisfaction : l'action de l'association a atteint un premier but : susciter le débat en offrant un point de vue contradictoire. Ce blog est là pour le démontrer : il est un espace d'expression qui vit par vos commentaires, que vous soyez pour, contre, ou encore indécis. Continuez à donner votre avis, quel qu'il soit. Aucun n'a été censuré.

Une action qui progresse : la pétition que de nombreux Bolhardais ont déjà signée. Comme Mme le maire le suggérait, le conseil municipal se rangerait à la majorité des Bolhardais ; soit 400 signatures. Cadeau empoisonné ? Peut-être, mais nous n'avons pas d'autre choix, ni les moyens de décider d'un referendum...


Notre pétition est désormais en ligne ; pour la signer (si ce n'est pas déjà fait) cliquez ici




mardi 10 mars 2009

Plan de bataille ou bataille de plans ?





Ci-dessus le plan fourni par la mairie de Bosc-le-Hard à notre demande. Difficile de se faire une idée exacte de l'emplacement de la ZDE tant il est approximatif ; à l'image des déclarations parues jusqu'ici : plaine de la rue vilaine, plaine du Bel Event, les deux ?
Pour l'instant, aucune information fiable non plus concernant l'emplacement et le nombre d'éoliennes : 6 (28 novembre 2008) ,puis seulement 4 ou 5 (Bolhard info n°85) pour une même puissance semble-t-il (?). Il semble clair que les informations fluctuent au fil des signatures, des rétractations et de la communication municipale.

Pourtant, qu'on ne s'y trompe pas, le projet n'en est plus un : il ne s'agit que de détails techniques, tout comme les études d'impact et l'enquête publique, qui ne modifieront en rien le fond du dossier.

Le conseil municipal et le conseil communautaire ont voté dès 2007 ; certains propriétaires terriens concernés ont donné et signé leur accord ; la ZDE a été validée par les services préfectoraux début novembre 2008 ; le POS de Bosc-le-Hard a été modifié en conséquence, lors d'un conseil municipal avancé pour la circonstance au 10 février 2009.

Qui pourrait croire que ces démarches n'ont pas pour but d'installer véritablement des éoliennes industrielles ? Que ce n'est qu'un projet, pour plus tard... un jour peut-être ? Que la société E3 qui a prospecté et démarché activement les propriétaires pourrait s'entendre dire le plus simplement du monde "Ah ben non, finalement, on a changé d'avis".

N'aurait-il pas été normal de consulter les habitants dès l'origine, comme le recommandent d'ailleurs les guides de recommandations officiels à destination des élus pour l'implantation d'éoliennes, et puisque la municipalité affirme y réfléchir depuis 3 ans ? Entendre les arguments commerciaux de la société E3 et le discours de l'Ademe ne pouvait pas suffire, car ils sont partie prenante dans les dossiers éoliens. Qu'auraient entendu d'autre les habitants de Bosc-le-Hard si nous n'avions pas ouvert ce blog et organisé notre propre réunion le 20 février 2009 ?

Si les formes légales semblent respectées dans le cas présent, qu'en est-il du respect des citoyens ?

Car la loi ne règle pas tout, et pas les relations humaines au sein d'un village comme le nôtre. Sur ce dossier, on est en droit de penser que les habitants sont mis devant le fait accompli, sans possibilité de retour en arrière si les choses suivent leur cours programmé, et passablement menés en bateau entre les données, les arguments et affirmations contradictoires qui se succèdent.

Espérons que la réunion du 11 mars 2009 amorcera un changement de cap radical dans la manière de mener ce dossier. ..

Notre pétition est désormais en ligne ; pour la signer (si ce n'est pas déjà fait) cliquez ici